Chloé
Écrit par Telex
Une dizaine d’année auront suffi à Chloé pour s’imposer comme une des figures majeures de la scène électronique française.
Du Pulp au Rex, ses résidences ont marqué les mémoires et sont entrées dans l’histoire du clubbing. A quelques heures de sa participation à la soirée « I am what I play » à l’Espace à Rennes, elle accorde une interview à Radio Campus Rennes. Peux-tu te présenter en tant que dj ?
Je mixe de la musique électronique au sens large du terme. Difficile de définir ensuite quel style je joue. Je crois qu’il faut venir écouter et se faire une impression.
Sur album, tu quittes un peu le dancefloor…
Oui, lorsque je produis, je me permets de faire ce que je ne fais pas en tant que dj. En dj, je me limite au dancefloor, en production, je m’autorise plus de choses tout simplement. Pour autant, il n’y a pas une si grande différence entre ce que je mixe et ce que je compose. Quelque part, c’est un peu le même univers et les ambiances sont assez proches. Sans compter que ce sont deux activités qui se complètent bien : le fait de mixer le week-end me donne beaucoup d’énergie pour le travail en studio la semaine et réciproquement.
Quand on observe ton travail, on a parfois l’impression qu’il y a une volonté de décontenancer l’auditeur. Qu’en penses-tu ?
Je ne me pose pas la question en ces termes, ce n’est pas délibéré. A dire vrai, cette impression provient sans doute de la musique que je mixe ou que je compose. Ce sont des choix artistiques : je ne cherche pas à faire dans l’efficacité, j’aime avant tout les morceaux qui possèdent une sorte de noirceur et qui sont en même temps sensuels. Le côté ludique de certains titres me plaît également. Ensuite, ce qui me motive dans mon travail de dj, c’est d’allier le tout. Finalement, j’aime atteindre une sorte de milieu et jouer sur les frontières.
Peux-tu nous présenter KILL THE DJ ?
A l’origine, KILL THE DJ était une soirée au Pulp. De fil en aiguille, on a monté un label afin de produire des disques sans avoir de contraintes marketing à respecter. C’est avant tout une expérience humaine : on a vécu et grandi ensemble. L’année prochaine, on fêtera les dix ans du label.
En dehors de la sortie de ton deuxième album « One in other », quelle est ton actualité ?
Je travaille actuellement la musique de la pièce de danse du nouveau spectacle du danseur chorégraphe Fabrice Ramalingum qui se jouera le 28 juin au festival Montpellier Danse. A Paris, je présenterai mon live à l’Alhambra le 17 juin (suivi d’une soirée au Rex avec Superpitcher, Ata et moi en dj set).
Que penses-tu du lien entre l’électro et l’art contemporain ?
Dans électro, j’entends électronique et la musique électronique, c’est de la musique contemporaine. Le lien me semble donc assez cohérent, mais tout dépend des associations que l’on met en place. C’est d’abord une aventure à deux entre l’artiste plasticien et le musicien.
Interview réalisée par l’équipe de l’émission radio Telex (tous les jeudis soirs sur RCR entre 20 et 21 heures, 88,4 Fm).
http://www.myspace.com/chloekillthedj
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