Le Barde

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En France j'ai l'impression que l'on a un son un peu à part au reste de l'Europe, on n’est jamais vraiment dans la mouvance

Y a-t-il un lien entre ton pseudo et Assurancetourix, le barde d’Astérix et Obélix ?

Oui, tout à fait, il y a un rapport direct avec Assurancetourix. C’est un surnom qui doit dater de 1993, à l'époque j'écoutais seulement de la techno, je n'étais pas encore Dj. J'avais les cheveux longs et la barbe et après une soirée bien arrosée, mes potes de l'époque en bouquinant une BD d'Astérix ont trouvé que j'avais une ressemblance avec Assurancetourix et ils m'ont surnommé Le barde après cette soirée. Ensuite quand je suis devenue DJ (avec les cheveux courts et rasé de prés), je l'ai gardé comme nom d'artiste.

Tu es grenoblois, fief du label Goodlife : y a-t-il un esprit de solidarité entre les acteurs de la culture électronique locale ?

Tout d'abord je suis parisien de naissance et j'ai vécu 16 ans en banlieue parisienne. Maintenant ça fait 14 ans que je vis à Grenoble et c'est la ville ou j'ai découvert le mix. Malheureusement à Grenoble comme dans beaucoup d'autres villes il n'y a pas de réelle solidarité entre les structures aussi bien organisatrices que les labels. Par contre c'est vrai qu'il y a à Grenoble différents réseaux de personnes qui sont plus ou moins influents et plus ou moins incontournables.

On te voit trop peu jouer dans les soirées parisiennes : est-ce un choix artistique ou une difficulté d’intégrer les évènements de la capitale ?

J'aimerais bien pouvoir dire par snobisme que je ne souhaite pas particulièrement jouer à Paris, mais la vérité ce qu'il est très difficile de pouvoir jouer sur la capitale en tant que personne extérieure à Paris si on a pas un minimum de notoriété à échelle nationale voir internationale. Par contre le public parisien est à mon avis très bon et très ouvert musicalement.

Tu es un acteur de la scène électronique depuis de nombreuses années : quel est ton point de vue sur l’évolution de la culture électronique française ?

Vaste question qui prête toujours un peu à polémique, entre ceux qui pensent que l’on n’a pas de culture électronique et ceux qui pensent que l'on est à la pointe de ce qui se fait de mieux, il est difficile de répondre à cette question. En France j'ai l'impression que l'on a un son un peu à part au reste de l'Europe, on n’est jamais vraiment dans la mouvance, l'exception culturelle française (le phénomène Tribe qui a perduré longtemps en France alors que dans les autres pays il était devenu inexistant). Par contre on a très peu de culture club comparé à des pays comme l'Allemagne, l'Angleterre ou l'Espagne.

Un DJ aime voyager et faire voyager son public : quel est ton meilleur souvenir de soirée ?

J'en ai plusieurs, le plus récent est certainement au Batofar le 11 novembre dernier où j'ai fait le warm-up de Radioactiveman avec un public très chaud et très réceptif à mon mix. Je me suis vraiment éclaté. Sinon il y a eu le Fête de la Musique en 2003 à Grenoble où il y avait 3000 personnes complètement hystériques, du pur bonheur. En 1998 aussi pour le Festival d'été de la ville de Valence avec 5000 personnes venues pour faire la teuf, c'est un très bon souvenir aussi avec les gens qui hurlé sur tout les breaks, vraiment génial.

Tu es aussi l’un des fondateurs du label Cryogen Records : peux-tu nous en dire un peu plus sur la philosophie du label et ta rencontre avec J.R ?

Avec JR, on s'est rencontré en 1997 quand j'étais vice-président de l'association Aftermoon - association grenobloise qui a organisé beaucoup de soirée sur le Rhône-Alpes en 97-98. A l'époque il faisait du live en solo et en 1998 on a décidé de travailler ensemble. Et en 1999 le projet Cryogen Records est apparu. Ça peut paraître bateau et évident mais tout d'abord on produit que des artistes qui nous plaisent musicalement, c'est pour ça que l'on a sorti que des artistes qui n'avait pas obligatoirement de notoriété ou même sorti des disques. On produit principalement de la techno mais on est ouvert à tout style de techno, depuis 2006 on fait faire des remix par des gens qui ont plus de notoriété que nous pour nous apporter une crédibilité au niveau national et international. Ce qui est payant car le Cryo 04 est même au japon.

Les sorties sur le label sont d’environ un EP par an : est-ce difficile aujourd’hui de s’affirmer sur le marché du vinyle en matière de musiques électroniques ?

Ca a toujours été difficile pour le marché de la musique électronique depuis de nombreuses années et à l'heure actuelle le marché est complètement sinistré, les labels comme Cocoon ou Kompakt sont des cas à part dans la musique techno. La pluparts des labels ont des difficultés à boucler leur budget, à vendre tout simplement. On doit fournir un travail énorme pour des ventes qui frisent le ridicule par rapport à d'autre styles musicaux donc oui, il est difficile de s'affirmer sur le marché du disque à l'heure actuelle. Mais c'est avant tout une passion plus qu'autre chose, on a tous une vie professionnelle la semaine pour la plupart.

Quel est ton rapport à la composition et au travail de remixeur ?

Le travail de remixeur est quelque chose que je ne connais pas, on ne m'a pas demandé de remix pour l'instant. Ensuite mon rapport à la composition est un peu particulier, c'est plus des périodes, il y a des périodes où j'ai envie de faire et d'autres fois pas du tout. Je suis avant tout un DJ, c'est ma passion première. Donc faire de la composition c'est toujours un peu long pour moi, j'essaie différentes boucles avant d'arriver au résultat souhaité, et après il y a le travail de séquence qui est toujours difficile et long : faire une bonne séquence c’est du boulot.

Quelles surprises nous réserve Cryogen pour l’année 2007 ?

On devrait intensifier le rythme des sorties cette année, normalement on devrait sortir un allemand au cours du premier semestre et une autre sortie durant le second semestre si tous se passe bien, ce qui ferait trois sorties sur une période d'un an, ce qui est pour nous très bien. Le catalogue devrait être disponible aussi sur les plateformes de vente de Mp3 cette année.

Si demain la génération i-pod l’emporte sur la technologie, que fais-tu de tes vinyles ?

Je les garde ça c’est sûr, déjà pour les souvenirs qu'ils représentent. Mais je ne pense pas que la platine vinyle disparaisse comme ça, le vinyle a encore quelques années devant lui. Ca reste la vitrine incontournable pour les labels.

Retrouve LE BARDE sur Internet :
http://www.myspace.com/lebarde
http://www.cryogen-records.com


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