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Pendant 10 ans j’ai été activiste et reconnu comme l’un des acteurs principaux de la scène Drum’n’Bass en France. Aujourd’hui je me retrouve sur une scène electro/rock parce que c’est la musique qui me plait, qui me fait avancer, qui me motive et qui m’inspire.



Flow sur le fly Nordik Impakt : aujourd’hui tu as enlevé le terme « DJ » de ton pseudo ?

Pendant 10 ans j’ai été activiste et reconnu comme l’un des acteurs principaux de la scène Drum’n’Bass en France. Il s’avère qu’aujourd’hui, je n’en veux plus : je ne suis pas fâché avec la scène mais c’est juste qu’au bout de 10 ans, j’avais l’impression d’avoir fait le tour du sujet, je voyais pas où ça allait m’amener. Donc j’ai préféré prendre un peu de recul, voir les choses : aujourd’hui je me retrouve sur une scène electro/rock parce que c’est la musique qui me plait, qui me fait avancer, qui me motive et qui m’inspire.

C’est marrant car à 18 ans, tu as commencé par organiser des soirées Rock et Reggae : un retour aux premières amours ?

Exactement ! Depuis tout jeune, je suis un fan de musique, j’ai toujours voulu en être acteur que ce soit comme activiste, en association, comme producteur, comme organisateur. C’est ce qui m’a amené à 18 ans à organiser mes premières soirées. J’ai commencé à Rennes, dans une salle prestigieuse et mythique localement qui s’appelle la salle de la Cité. J’ai collaboré avec des gens qui avaient un certain charisme à l’époque, qui ont cru à mon projet : ils m’ont amené toute la logistique de l’organisation et moi j’arrivais avec mon plateau, avec ma programmation. C’est comme ça que j’ai appris à organiser des spectacles et c’est ça qui m’a donné l’envie de continuer.

En 1996, carnaval de Nothing Hill à Londres : le déclic pour la musique électronique ?

A cette époque, j’étais dans le Ska et le Reggae. Je commençais à passer derrière des platines pour jouer devant les gens. Et je suis donc parti au carnaval jamaïcain et j’ai rencontré la Jungle, la Drum’n’Bass et ça a déclenché ma nouvelle passion. Je suis revenu en France, j’étais tout fou ! J’ai eu l’occasion de repartir fréquemment en Angleterre acheter des galettes parce qu’à l’époque en France, pour en trouver, c’était un peu la croix et la bannière, surtout à Rennes. Je continuais à jouer Reggae et j’y apportais le coté Ragga/Jungle : ça a été la bonne transition pour passer du Reggae à la Jungle. On retrouvait des artistes comme Cappletown ou Bennyman qui posaient leur voix sur des morceaux.

Tu as trainé avec la Drum’n’Bass anglaise : quels souvenirs gardes-tu de cette époque aujourd’hui révolue ?

J’en garde que des bons souvenirs. La Drum’n’Bass pour moi c’est pas forcément finie : dans ma tête ça restera toujours là parce que j’ai toujours des connexions en Angleterre – des gens d’ailleurs qui ont évolué comme moi, qui ne sont plus dans la Drum aujourd’hui. Je me suis retrouvé petit frenchy dans des studios avec mon CD ou mon DAT, dans la cours des grands, à pouvoir avoir des exclusivités à jouer pour la France avant tout le monde. A l’époque j’étais fan d’Underfire et je me suis retrouvé avec ces mecs-là en face de moi ! Pour moi c’était hallucinant, c’était le fan qui se retrouvait devant ses artistes préférés. Et puis y a eu Skiny, Link et Raiden que j’ai rencontré par la suite.

La Drum’n’Bass a beaucoup évolué depuis sa naissance : que penses-tu de la scène actuelle ?

L’évolution est plutôt bonne parce qu’il y a de nouveaux acteurs aujourd’hui, y a des gens qui se démerdent plutôt bien aussi bien dans la production qu’en DJ. La France est un peu plus montrée du doigt qu’à l’époque où je suis rentré là-dedans : y a des gens aujourd’hui comme Alix Perez, FX909 qui arrivent à faire des tracks qui sont signés sur les plus gros labels du moment. Mais c’est sûr que cette évolution aujourd’hui ne me correspond plus.

Justement, parle-nous un peu de tes nouveaux projets ?

Aujourd’hui je prends plus du recul en me disant « qu’est-ce que tu as envie de faire ? ». Je suis fan de plein de styles musicaux : j’ai commencé par le rock, le reggae, le ska. J’ai écouté de la techno, de la house. Aujourd’hui j’ai envie de tout faire : j’ai pas envie de m’embêter à rentrer dans un créneau particulier. Je suis capable de jouer un peu de tout.

Qu’est-ce qui te donne la vibe aujourd’hui ?

Quand tu vois comment la France est montrée du doigt aujourd’hui à travers le monde avec des artistes comme les Daft, Justice ou autres, je trouve ça super bien. C’est super motivant parce que pendant des années, en France ils se passaient pas grand choses, nos voisins nous disaient « on connait pas vos artistes ». Aujourd’hui y en a quand même un sacré paquet qui sortent du lot. Je dis pas que j’ai envie de devenir l’un de ceux-là demain mais je suis content que la France évolue et avance dans ce sens là. J’aime bien être dans quelque chose où y a de l’énergie ! Y a eu une époque où le public rock n’aimait pas la musique électronique et vice versa : aujourd’hui chacun y trouve son compte. C’est une fusion qui me plait et je suis 100% pour.

Est-ce que tu n’es pas en train de voir une poule aux œufs d’or au sein de cette nouvelle scène électro/rock ?

[Rires] On m’a déjà dit « tu fais ça, c’est pour gagner plus de thunes ». C’est pas vrai parce que j’étais dans un plan de carrière pendant 10 ans et aujourd’hui, mon objectif n’est plus là : j’ai envie de me faire plaisir. Pas faire des tracks pour les vendre à fond ou faire des grosses scènes, je m’en fous. J’ai juste envie de me faire plaisir et point barre. C’est la musique que j’écoute aujourd’hui et que j’ai envie de jouer : Boys Noize, Digitalism… Y a presque un représentant par pays de ce style ! Plein de gens m’ont dit « mais pourquoi tu continues pas, t’as un nom assez important pour pouvoir faire plein de date et des thunes ? ». C’est con mais j’ai pas envie de me retrouver derrières les platines à faire un truc que je sens pas.

Est-ce qu’il y a des skeuds qui t’ont mis une claque au point de te dire « j’aurais bien voulu le faire » ?

Y en a plein [rires]. Les Daft, on les as vu l’année dernière aux Eurockéennes de Belfort et j’étais sur le cul ! On est reparti les voir à Bercy, c’était absolument génial. Digitalism aussi : je trouve ça excellent ce qu’ils font, techniquement et musicalement. Simian Mobile Disco c’est pareil : leur live est à tomber !

Toi qui kiffe le coté DJing, est-ce que tu suis un peu toute cette [r]évolution technique ?

Je suis en plein dedans [rires]. Je suis en pleine révolution [rires]. Ca fait 10 ans que je trimballe des disques et aujourd’hui, c’est vrai que y a une grosse crise autour du vinyle. Mais faut s’adapter avec son temps et c’est surtout le coté pratique pour moi : j’ai mon petit ordinateur, j’ai 5000 morceaux, moi qui ai envie de jouer plein de styles, ça me permet d’aller dans tous les sens. Tu es dans le train, tu fais ta playlist pour la soirée : ça ne s’arrête jamais ! Et puis y a le coût aussi : le vinyle est 2-3 fois plus cher qu’un MP3 sur un site de téléchargement. Pour moi y a pas de DJ MP3 ou de DJ vinyle : le geste est toujours le même. C’est un faux vinyle mais qui se transforme à volonté !

Est-ce qu’il y a des choses qu’on ne te demande jamais en interview et auxquelles tu aimerais répondre ?

[rires] On m’en a posé des questions, et des conneries [rires]. C’est une bonne question… Pioche [rires].

Coté actualité, des choses en préparation ?

Ben justement non [rires]. Si je voyais la poule aux œufs d’or, j’aurais déjà prévu un album, des skeuds… Mon truc c’est de me faire plaisir : ceux qui veulent m’inviter, je jouerai des choses complètement différentes de ce que je faisais d’habitude. Au niveau de la production, stand by : la Drum j’en ai eu ma claque, plus l’envie de produire. Mais ça va revenir. Je suis DJ avant tout. La production je trouve ça géniale mais la plupart des tracks que j’ai faits l’ont été en collaboration, et j’ai pas honte de le dire. J’ai travaillé à mes débuts avec des producteurs, notamment en Angleterre, qui maitrisaient beaucoup mieux que moi. J’arrivais plus pour donner les idées, dire ce qui allait ou pas et c’est comme ça que j’ai appris aussi. En arrivant dans les premiers studios, je n’y connaissais rien du tout, j’ai juste amené ma vibe. Sinon coté date, la prochaine est à Toulouse, à l’Ambassade avec DJ Grabba et Leeroy Washington : c’est assez drôle parce que c’est 3 anciens DJs drum’n’bass qui ne vont pas jouer drum’n’bass [rires].

Petit mot de la fin ?

Continuez les enfants et place aux jeunes ! Y a de l’avenir car on voit que les soirées ne désemplissent pas ! L’Histoire n’est pas finie, loin de là…

Retrouve FLOW sur Internet :
http://www.myspace.com/flowparis

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