Timid Boy

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Découvert en 2003 aux soirées BPitch Control au Rex, Timid Boy incarne aujourd’hui l’une des valeurs sures de la scène parisienne.


 

Originaire de Montpellier, il distille une musique qui évolue entre house minimale et techno deep. Début 2009, ses premières productions sortent sur le label Time has changed. Celles-ci reçoivent immédiatement le soutien d’artistes tels que Chloé, Danton Eeprom ou Oxia. Actif la nuit, Timid boy l’est aussi le jour, puisqu’il est rédac-chef adjoint au légendaire magazine Trax.


Leiss : je lance l’enregistrement, on va faire l’interview en wave…


Timid boy : pourquoi ? Cela varie en fonction des invités ? Certains, c’est du 128 kbit/s ?...


Leiss
: [Rires] oui, pour les artistes connus, je mets du wave, les autres ont droit à du mp3 ! Raconte-nous comment tu es tombé dans la marmite…


Timid boy : je suis de Montpellier. Je viens de l’école des soirées Boréalis et d’un groupe de gens qui s’appelait la tribu des Pingouins. C’était dans les années 90. Pour moi, les Pingouins, c’était une bande de grand-frères et de grande-sœurs. Avec eux, j’ai fait mes premières raves, vers 1993, dont la première Boréalis. J’avais 16-17 ans. Dans les années qui ont suivi, Montpellier a connu une grande effervescence : beaucoup de soirées, des ouvertures de magasins dédiés à la techno…


Leiss
: aujourd’hui, quelles sont tes différentes casquettes ?


Timid boy : je suis journaliste à Trax, dj et producteur sous le nom de Timid boy.


Leiss : Timid boy… Est-ce que tu as choisi ce pseudo parce que tu galérais avec les filles ?


Timid boy : [Rires] quand j’ai commencé à mixer à Paris au début des années 2000, il y avait un label qui s’appelait Timid records – depuis disparu. Le boss du label voulait me faire jouer et je n’avais pas de nom d’artiste. Du coup, j’ai choisi Timid boy comme pseudo. Chose qui me va assez bien, étant donné que je suis quelqu’un de réservé. Je le suis toujours : faire écouter mes productions ne me met pas spécialement à l’aise.


Leiss
: à Trax, tu écris sous ta véritable identité : Damien Almira. En quoi consiste ton travail de journaliste ?


Timid boy : je suis rédac-chef adjoint depuis deux ans. Je gère la ligne éditoriale du magazine avec le rédac-chef Patrick Thévenin. Je signe également des articles et des chroniques dans la revue.


Leiss
: comment parviens-tu à faire la part des choses entre Damien Almira et Timid boy ? Est-ce que tu ne serais pas parfois tenté d’utiliser Trax pour ta promo ?


Timid boy : c’est à moi de le gérer. Parfois, j’ai eu des propositions de gens qui étaient intéressés. En échange d’une invitation à mixer dans une soirée, on m’a demandé de faire de la promo pour l’événement dans le mag. Je trouve le procédé grossier, et, au-delà de ça, c’est un peu vexant pour le dj que je suis ! Bien sûr, je ne vais pas te mentir : dans mon métier, il y a de l’humain, et il peut arriver que l’on chronique le disque d’un artiste que l’on aime bien. Mais, cela ne va pas au-delà. On ne va pas donner la couverture, parce que l’on est ami. Je ne vais pas couler Trax pour des intérêts privés ! En ce qui me concerne, j’ai pas mal cogité, mais il existe de nombreux artistes qui ont été journalistes, à l’image de Dave Clarke à Mixmag ou Ivan Smagghe à Nova mag. L’ancien rédac-chef de Groove, en Allemagne, était aussi dans la musique. Ces exemples m’aident à ne pas me prendre la tête.


Leiss
: fin août, tu as mixé dans l’un des plus gros festivals européens, Electrosonic en Espagne. Quel a été l’accueil du public ?


Timid boy : c’était vraiment super. C’était la première fois que je mixais dans un grand festival, type Timewarp. J’ai joué devant deux-trois mille personnes, j’ai pu passer des morceaux différents de d’habitude... Là-bas, j’ai pu mixer autre chose que le son du clubbing parisien, tourné vers la deep-house – que j’aime beaucoup ! Vraiment, une excellente expérience.


Leiss
: quels sont tes projets du moment ?


Timid boy : fin septembre, j’ai un maxi qui sort chez Time has changed. J’ai aussi un autre maxi qui sortira sur le label canadien Monic music, avec un remix de dj Yellow. D’autres sorties en octobre chez Time has changed. Sortie aussi chez Barraka qui est un gros club à Valence.


Leiss : pas mal de nouveaux maxis, mais envisages-tu de passer un jour à l’album ?


Timid boy : non. Enfin, oui dans l’absolu, mais avant il faudrait trouver une ligne conductrice. Produire un album dancefloor ne me dérangerait pas du tout, contrairement à beaucoup d’artistes, mais avant, il faut trouver un thème. Et du temps ! Peut-être en 2010.


Leiss
: sans tomber dans le cliché des disques que tu amènerais sur une île déserte, peux-tu nous donner quelques unes de tes influences ?


Timid boy : avant la techno, j’étais pas mal dans la new-wave et je dirai sans hésiter Cure et Joy Division. En rock, j’ai bien accroché sur My Bloody Valentine. Pour ce qui est de la musique électronique, Aphex Twin m’a considérablement marqué avec Ambient works vol. 1 et vol. 2. J’ai aussi beaucoup écouté son side-project Polygon Window. Tout ça, c’était au début des années 90 ; cela correspond à mes premières découvertes. Il y a eu aussi Jeff Mills avec X-101, X-102… et Plastikman, énormément. Son premier album, Sheet one, a été très important pour moi. J’adorais le logo ainsi que l’ambiance qui s’en dégageait.


Leiss
: dans la même optique, accepterais-tu de composer - un peu en free-style ! - le line-up de ta soirée idéale ?


Timid boy : j’ai eu peur ! [Rires] J’ai cru que tu voulais que je t’improvise un morceau a capella !


Leiss : on peut également !


Timid boy : non, non ! Question difficile. Il y a beaucoup d’artistes que j’apprécie. J’adorerais Boards of Canada, car je ne les ai jamais vus en live. J’ajoute Marco Carola que j’ai écouté cette année au Robert Johnson, à Francfort. Chloé, que j’aime énormément. C’est une artiste qui a son propre son et qui se fout des modes. Un Villalobos en forme. Voilà. J’inviterais aussi des copains… et je ferais également un passage aux platines !


Leiss : ça finit à quelle heure cette soirée ?


Timid boy : on la ferait au Robert Johnson et ça finirait à 15 heures ! L’Allemagne est un espace de liberté. En France, les contraintes horaires sont très lourdes.


Leiss
: une dernière question : est-ce que tu lis Tsugi ?


Timid boy : ah oui. Pas tout, mais je le feuillette très souvent. Presque comme n’importe quel autre magazine. Je le feuillette comme je peux feuilleter les Inrocks, Rock and Folk, Vox Pop… Etant donné que Trax et Tsugi ne mettent pas en avant les mêmes artistes et les mêmes thèmes, j’y apprends des choses.

TimidBoy5

http://www.myspace.com/timidboymusic



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