Écrit par Laborderie Nicolas
Pelo Winter, sans doute l’ex manager des « Daft Plouc », est un personnage particulier que nous avons eu le plaisir de rencontrer à l’occasion de la soirée en l’honneur de la nouvelle release de 2080 à L’Oxxo, à Villeurbanne. Pelo Winter est-il un canular à lui tout seul ?
Il nous livre ici un aperçu de son parcours, ainsi que son point de vue, dans son langage particulier où le fond n’est pas si innocent qu’il paraîtrait.
Ton pseudo fait évidemment rappeler avec ironie Busy P, aka Pedro Winter, ex manager des Daft Punk. Pourquoi choisir ce pseudo ?
Walid (aka 2080) est un de mes meilleurs amis. Il y a quatre ans, il m’avait demandé de le « rencarder » avec les Gourmets. Nous avons une histoire musicale commune concernant des « fake » (faux projets). Il faut savoir que 2080 a toujours adoré ce type de canular sonore - on a même créé un faux groupe rap de crapule. Il avait créé à l’occasion des Nuits un faux groupe nommé « Repris de Justice » (ndr : réinterprétation 8-bit des morceaux de Justice). Afin d’aller plus loin dans la blague, il lui fallait donc un faux manager, et le nom de «Pelo winter » me trottait dans le tête depuis un bon moment… En somme, rendre au disco et à la funk de quartier tout ce que la French Touch lui avait pillé.
Et aujourd’hui… que fait-tu alors ?
Et bien, aujourd’hui, je suis un Dj « qui s’en bat les couilles »… Non, plus sérieusement, je suis journaliste dans la vie, la vraie, et j’aime passer des disques pour le fun… afin d’éviter qu’ils se nécrosent dans mon armoire. Au niveau production, une « net mix Tape » est dans les tuyaux depuis six mois, Dj Flore m’a appris comment enregistrer. Il y aura pas mal de monde dessus, des face B inédites. Ce sera sans doute une « Net Mix tape » (web), et il y aura une version pour les garçon, nommé « Pour les Pélos », et une version pour les filles, qui s’appellera évidemment « Pour les Pélas ». Et ça sera exactement la même tape, à la différence du cover… Pour déconner, mais j’en parle pas trop…
Quels sont tes projets?
Pour moi, mon métier est déjà fait. La musique, c’est un peu de la raclerie… J’aime passer mes disques, c’est tout. J’étais déjà Dj en « MJC » pour des groupes rap à quinze piges, et il y a de ça… déjà quinze ans ! J’ai un amour profond et immuable pour la « Dance Music ». Je suis tombé dans l’électro depuis que j’ai commencé à travailler il y a huit ans. Depuis, impossible de m’imaginer vivre sans, et en devenant journaliste, j’ai pu apporter ma pierre à l’édifice, découvrir des gens et miser sur des « pélos » et des “pélas”.
Tu viens d’où ?
Je vis à Lyon, mais je suis né en banlieue parisienne. Installé depuis … euh… on va dire que je suis Lyonnais. Je ne pense même pas mériter la double nationalité « Parigo –Lyonais ».
Que penses-tu du Lyon électronique, surtout par rapport à Paris ?
Il y a toujours un « par rapport à », et c’est ça qui est fou… La scène musicale lyonnaise est tellement différente de la scène Parisienne, ou Berlinoise… Du moment que les connections se font, c’est parfait. Lyon se défait de son image de belle endormies : les festivals pullulent, les kids ont les crocs, les anciens n’essayent de ne pas être trop dogmatiques et le lieux rationalisent leur programmation en fonction de cette énergie. Les clivages n’existent plus entre les villes et on peut voir aujourd’hui 2080 faire sa release à Lyon, et le lendemain à Paris.
Quels sont tes styles de prédilections ?
De la base, t’as vu, moi c’est le hip hop, cousin (rires). Et puis je me suis épris de dance music. J’assumais mal l’ Euro Dance mais j'ai toujours kiffé les « Nightcrawlers » (on se souvent de Push it, ndr), ou encore Gusto et Disco's Revenge. J’aime la Dance Music, ses volutes qui te font dodeliner au moindre souvenir. La dance music dans son ensemble : quelque soit son étendard ou son rayon à la Fnac.
Comment vis-tu la scène ?
Dans la mesure où je suis décomplexé… je la vis plutôt bien. Je mixais il y a encore peu de temps avec un ordinateur et un contrôleur. Ça avait un côté trop mécanique, trop scripté. Aujourd’hui j’ai lâché les Internets (faut la laisser celle-là) et mixe à nouveau sur cd même si je ne pense pas être le plus gros technicien de la terre. D’ordinaire, j’ai le bonheur assez discret. Je ne suis pas du genre à lever les bras, on va dire que tout ça est plutôt intériorisé. Auparavant, quand je mixai sur ordinateur, j’étais du genre très calibré, en mix, je jouais plutôt sur la fréquence sans préécoute, et je laissais très peu de place à l’improvisation. Aujourd’hui, je mixe sur cd sans rien préparer, au feeling ou à la zob c’est selon. Peut-être qu’un jour je leverai les bras… pour vérifier la qualité de mon déodorant.
Quels sont tes projets ?
J’aimerai bien sortir en 2010 ma mix-tape, mon serpent de mer, mon fils, ma bataille. Je ne me fixe pas de date puisque que ce sera gratuit. Un peu de composition et quelques remix sont au programme, mais plutôt dans le but d’enrichir mes Djs Set. Je me considère plus comme une imposture du milieu, même si je me rend compte que je fais aujourd’hui les choses plus sérieusement que certains qui se disent professionnels… Mais là est un autre débat. Je fais les choses comme j’ai envie de les faire, je met mes playlists en ligne quand bon me semble, vraiment sans pression.
Parle nous des Gourmets et d’Art-Feast…
Concernant les Gourmets, je les connais depuis Mathusalem. A l’époque j’étais apprenti journaliste et eux étaient apprenti label, et du coup on a grandi ensemble - même si eux commencent à être sacrément gros. J’avais déjà repéré leurs niaque et leurs envies de réussir, et j’ai tout de suite parié ma chemise sur ces gars. Il y a depuis une vrai relation d’amitié et d’écoute. Ils ont aujourd’hui une logique d’expansion qui prend vraiment la gueule d’un vrai label. Je les aime vraiment. Concernant Art Feast, c’est une sacrée association de jeunes, même si cela me donne un coup de vieux à chaque fois que je dis ça ! Je les aime fort, ils font partie de ces gens qui ont une vraie vélléité à vouloir réveiller la nuit.

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