K-rAY

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De nature discrète, il n’est pas improbable que vous vous soyez retrouvez à danser sur un set de K-rAY…

Tu tombes en 1996 amoureux des musiques électroniques. Comment cela s’est-il passé ? Es-tu toujours influencé par la première vague French touch ?

Comme beaucoup de monde : en découvrant le 1er album des Daft Punk ! Puis s’en ait suivi tout le reste : Superdiscount, Motorbass, Alex Gopher, Cassius… Cette vague mid 90’s restera pour moi LE tournant incontournable de la scène électro française : avant les artistes semblaient complexés, et grâce à ce mouvement ils ont compris qu’ils pouvaient rencontrer un succès internationale et influencer de nombreuses personnes partout dans le monde. Je reste très sensible à ce courant (qui m’a initié au mix il y a près de 10 ans), même si certains morceaux ont mal vieilli…

Raconte nous les débuts du collectif Galacticut : D’où est venu ce projet ?

Cela remonte à 2007… Je bossais depuis quelques temps dans la musique, et j’ai eu envie de créer ce collectif avec mon ami 22L, car on estimait que les artistes que l’on aimait n’étaient pas (ou très peu) représentés au niveau local. Le courant minimal était omniprésent à l’époque. Du coup on s’est dit qu’il y avait de la place pour nous… On a commencé avec de petites soirées au Boulevardier, puis les choses sérieuses ont commencé avec l’organisation d’une étape du circuit électro 2008 (Toxic Avenger à la Brasserie du Marché Gare) puis la venue de DJ Kentaro au Ninkasi Kao.

Aujourd’hui, Galacticut est un acteur Lyonnais reconnu et reputé. Alors, fier de votre travail ? Quels sont vos projets à venir ? Sont-ils principalement pour les Lyonnais ou pensez-vous produire ailleurs ?

Bien évidemment que je suis fier ! L’asso a pris de l’ampleur avec une activité régulière (1 soirées par mois) et le recrutement de 3 permanents salariés. Dans le futur immédiat, nous serons une fois de plus présents aux Nuits Sonores (l’étape Galactinoise au Ninkasi), et nous coproduisons le championnat de France IDA de scratch music à la Plateforme le 12 juin prochain. A plus long terme, nous préparons une grosse date pour nos 3 ans mais ça, ce sera à la rentrée de septembre… On développe aussi d’autres pôles tel que le graphisme et le booking, avec des artistes intéressants comme Alienhearts, Miso Soup, Loony Wise Men et… Aphte Punk (mdr).

kray3Sur scène, comment réagis-tu face à ton public ? Ce dernier influence-t-il ta ligne de conduite musicale ?

Cela dépend de la proximité avec lui… Mais en général ça se passe plutôt bien vu que je joue toujours dans des soirées où les gens sont venus pour danser et faire la fête. J’ai de plus en plus de mal avec les sets trop linéaires, genre « l’autoroute du BPM » ou les mixes trop « banger » qui tabassent de A à Z. Je préfère de loin les sets progressifs qui t’emmènent quelque part, avec une variété de sons assez large et éclectique.

Quels sont tes styles de prédilections ? Tu peux nous donner un TOP 5 (tracklist) ?

Cela dépend vraiment de mon humeur, mais grosso modo on peut dire que je me sens proche de la house french touch et du mouvement électro « maximal ». J’aime aussi beaucoup le travail de Diplo, qui est pour mois l’artiste le plus inspiré actuellement. Et pour le top 5 je te donne celui du moment :
1)     Breakbot : Baby I’m Yours
2)      Yeah Yeah Yeahs : Head Will Roll (A-Trak Remix)
3)      DJ Mujava : Township Funk (Diplo Remix)
4)      DJ Zinc : Jekyll & Hyde
5)      Karlit & Kabok : La Moustafette

Alors, cette scène de l’Hypnotik, c’était comment ? Qu’as-tu ressenti?

Nickel ! Les gens étaient bien à fond, le Wii Skiller Krew a fait un joli boulot niveau VJing et les conditions scéniques étaient bonnes malgré quelques soucis de rumble au niveau des retours… Bravo aussi aux scénographes de la scène principale, qui m’a littéralement bluffé.

Quels sont tes supports de mix ? Et en Mao, quel matos utilises-tu ?

Avant je mixais sur vinyles. Mais je me suis vite senti limité, j’ai donc franchi un cap en me mettant au mix sur CD (platines Pionneer CDJ1000), qui apporte un plus dans les sets à mes yeux. Par contre permet moi de passer un coup de gueule à tout ceux qui font des DJ set sur labtop : comment peux-tu te prétendre DJ alors que tu ne câles même pas tes disques toi-même ? Va t’acheter une paire de platines et bosse un peu chez toi, avant de faire défiler ta bibliothèque Itunes en soirée…
Niveau composition j’ai très peu d’expérience en MAO. 2-3 boucles vite faites sur Reason, mais j’ai lâché l’affaire il y a un moment…

Quels sont tes projets en matières de productions ? As-tu des opportunités de signature ?

J’envisage de me remettre à la compo avec Live mais pour ça il me faudrait une 2ème vie ! Ou alors que je devienne insomniaque. Pas d’opportunité de signature mais des dates en DJ set sympa à venir : le Reperkusound en avril, les Nuits Sonores en mai… Plus d’autres à venir je l’espère partout en France ! En tout cas on y travaille.

Quels sont tes désirs artistiques ? Avec qui aimerais-tu jouer/produire ?

Ce serait de trouver la formule magique qui redonne un nouveau souffle à l’électro, en perte de vitesse en ce moment. Tout le monde fait la même chose, et ça en devient chiant. Attention, je ne prétends pas être différent, loin de là ! C’est juste un constat personnel que je dresse. Il y a bien le dubstep mais c’est pareil, au bout de 3-4 morceaux ça me gonfle ! Sinon pour les artistes avec qui j’aimerais me produire on va dire A-Trak pour la technique, Boys Noize et Daft Punk pour le prestige ;)

krayTu es a cheval entre les deux dernières générations électroniques française. Alors, selon toi, quels sont les différences et les points communs?

Le mouvement a beaucoup évolué depuis ses débuts. Au départ, peu d’artistes produisaient, le son techno a vraiment marqué les esprits car ça représentait quelque chose de novateur. Les soirées étaient organisées dans la plus stricte confidentialité, parfois même dans l’illégalité (car il n’y avait pas encore le soutien des pouvoirs publics), et les gens avaient l’impression de vivre une expérience inédite. Les labels se montaient facilement, les disques se vendaient bien et le vinyle est redevenu à la mode. Ensuite, petit à petit, le mouvement a été récupéré par l’industrie du disque, ce qui a contribué à démocratiser la musique électronique mais qui l’a du même coup perverti. Aujourd’hui l’électro est rentrée dans les mœurs : tous les kids en écoutent et il y a des soirées tout le temps. Conséquence : la scène est saturée, de bons comme (surtout) de mauvais projets. Je pense que le salut viendra du métissage de cette musique avec d’autres styles, et que l’apport d’instruments redonnera tout son sens au mot « live ». On est peut-être dans une culture de l’éphémère, mais la force de l’électro c’est aussi de se réinventer constamment.



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