Papa Style et Baldas
Écrit par Laborderie Nicolas

"Le live est tout pour nous, on est là pour offrir notre musique et notre énergie positive sans aucune retenue."
Après la création du groupe en 2002, suivi de votre première auto-production en 2005, et avant votre signature en 2008 sur X-Ray production, qu’avez vous fait ? Pouvez-vous nous éclairer sur cette zone d’ombre ?
Papa Style : A l’époque nous faisions un maximum de concerts à raison d’une centaine par an, un peu partout en France, notamment chaque hiver dans les Alpes. A chaque concert on essayait d’améliorer notre son et nos voix, trouver de nouveaux arrangements et aussi acheter petit à petit du matériel plus performant. C’est vraiment à cette période que nous avons forgé notre son.
Alors, qu’est ce que cette signature vous a apporté ? Surtout concernant votre album « Arnaque légale » ?
Papa Style : Une diffusion nationale, un nombre impressionnant de concerts , de belles rencontres comme les Danakil ,Big Red, General Levy etc…Et de gros projets dans un futur proche.
Baldas : Cela a permis d’élargir le public en même temps que la diffusion avec des nouveaux lieux de concerts dont une tournée d’été sur la côte Atlantique et de travailler en harmonie avec un Super Patron. Big Up à DJ Goloom !!

Nouvel album en 2010, « Blasé du boulot », toujours sur X-Ray prod. Qu’attendez-vous de ce dernier ? Est-il fondamentalement différent ?
Papa Style : Il est différent car j’y fais plus de fast style, Baldas chante plus aussi, il y a plus de featuring et les rythmes, les styles y sont plus diversifiés.
Baldas : les textes sont plus engagés et militants.
Alors, blasé du boulot ou blasé du studio ? Les tournées sont-elles primordiales pour vous ?
Papa Style : Le live est tout pour nous, on est là pour offrir notre musique et notre énergie positive sans aucune retenue.
Baldas : Le live est la base de la musique. C’est en tournée qu’on vit pleinement notre musique et qu’on rencontre notre public. Blasé du studio, non. Il permet aussi d’explorer de nouveaux groove et de partager de nouvelles rencontres musicales.
Comment travaillez-vous vos productions ? La MAO vous est-elle utile ?
Papa Style : J’utilise différentes guitares même si la Telecaster reste ma préférée pour le skank Reggae, quelques simulateurs d’ampli, ma trompette et un bon stylo pour les lyrics, sans oublier mon dictaphone ou cubase pendant de longues heures pour tester ma voix et les mélodies.
Baldas : La Mao facilite la production, elle permet de travailler chacun de son côté, Papa aux lyrics, moi à la batterie et aux mélodies, avant de les mettre à plat avec Francky «Mouts » notre Ingé son. Il faut vivre avec son temps.
Selon nos ouï-dire, un remix de Elisa Do Brasil serait dans les tiroirs, est-ce vrai ?
Papa Style : Pour l’instant ce n’est qu’un projet, faute de temps nous n’avons pas pu le concrétiser pour notre dernier album, mais ce n’est que partie remise !!
Baldas : Match reporté !!

Justement, pensez-vous que culture électro et culture roots font bon ménage ? Le futur est-il dans les mélanges ?
Papa Style : Bien sûr, il n’y a qu’à écouter la Drum and Bass et tous ses dérivés. J’adore le mélange DJ electro avec un chanteur Ragga ou hip hop, ça se fait de plus en plus et ça déboite !!
Baldas : General Levy a été un des premiers à tchatcher sur de l’électro, Jamalski est un ambassadeur du Ragga Hip Hop. Oui, le futur est dans les mélanges et pas seulement pour la musique !! vive le métissage !
Sur scène, vous manier instruments et improvisations associées à une joie communicative. De quelle manière ? Un dj peut-il faire ça ?
Papa Style : Par son attitude, les gens doivent sentir qu’il mixe pour eux .Un artiste sur scène, s’il est lui-même, humble et qu’il donne tout, les gens le ressentiront directement.
Baldas : « La joie communicative » vient d’abord de la complicité qu’on a avec Papas et qu’on transmet au public.
La générosité et l’énergie prime toujours qu’on soit musicien ou DJ, après on reste des amoureux des instruments et de l’improvisation.
Une des principales différences entre la culture électro et la culture reggae, c’est du texte… en français ! A ce titre, que pensez-vous des artistes reggae francophones qui chantent tout en anglais ? Est-ce plus vendeur dans votre culture, ou mal vu ?
Papa Style : Ce n’est pas mal vu, mais pour ma part je trouve ça dommage et beaucoup plus facile. Faire du groove en Français ce n’est pas si simple, et à partir du moment où l’on chante dans sa langue natale alors on est soi même, on ne joue plus un rôle, je préfère.
Baldas : Notre intention est de faire passer des messages. Ils seront plus percutants s’ils sont chantés en Français, mais comme le dit Papas ce n’est pas un exercice facile, les syllabes françaises claquent moins.
Alors, un dernier p’tit mot pour nos lecteurs électro ? La musique est-elle une grande famille ou au contraire, chaque style doit rester catalogué ?
Papa Style : La musique est une grande famille, l’important est l’attitude avec laquelle on l’aborde et ce que l’on veut véhiculer. De nos jours des Jamaïcains chantent avec des Allemands, des Anglais mixent avec des Brésiliens, des Français jouent avec des Cubains etc. Il n’y a que la musique et le sport qui nous offrent ca !!
Baldas : c’est plus les médias qui ont tendance à cataloguer la musique selon les styles.
Un musicien est souvent prêt pour le partage et le mélange des genres qui a toujours apporté plus de richesse à la musique.




