DJs & producteurs : le marché du disque, crise ou révolution
Écrit par Nicolas Laborderie et Anthony Beauchet

Vous n’ignorez pas qu’aujourd’hui, selon certaines industries, le marché du disque est en pleine crise. Les ventes de disques ont baissé d’environ 15% cette année, avec une perte de 113 millions d’euros pour les industries..
En revanche, le marché du numérique augmente lui de 11% et gagne 20 millions d’euros supplémentaires. Certes, la différence est conséquente (97 millions d’euros perdu !), mais prenons conscience que nous sommes en train de vivre une évolution économique. Au vu de l’augmentation des ventes de baladeurs numériques, des supports USB et de l’investissement des fabricants dans les platines MP3 et autres machines live, il est peut-être temps de mettre cette révolution à profit…
Du point du vue des DJs, le vinyle reste une référence et sa place dans les établissements de nuit est encore assurée pour pas mal d’années… Le débat sur la fin du vinyle a toujours existé, que ce soit avec l’arrivée de la K7 ou du Cd. On entend souvent dire qu’un vrai DJ doit mixer sur vinyle, et nous sommes d’accord. Intéressons-nous un temps à d’autres domaines qui n’ont pas connu le même genre d’interrogations malgré des révolutions technologiques majeures. Dans le milieu du graphisme, Photoshop n’a jamais détruit les artistes peintres alors que sa maitrise demande pourtant des compétences en dessin ! Dans le milieu de l’architecture, la conception de plans utilisent désormais des logiciels informatiques bien que le dessin à la main reste une base majeure enseignée dans les écoles.
Du point du vue des DJs, le vinyle reste une référence et sa place dans les établissements de nuit est encore assurée pour pas mal d’années… Le débat sur la fin du vinyle a toujours existé, que ce soit avec l’arrivée de la K7 ou du Cd. On entend souvent dire qu’un vrai DJ doit mixer sur vinyle, et nous sommes d’accord. Intéressons-nous un temps à d’autres domaines qui n’ont pas connu le même genre d’interrogations malgré des révolutions technologiques majeures. Dans le milieu du graphisme, Photoshop n’a jamais détruit les artistes peintres alors que sa maitrise demande pourtant des compétences en dessin ! Dans le milieu de l’architecture, la conception de plans utilisent désormais des logiciels informatiques bien que le dessin à la main reste une base majeure enseignée dans les écoles. Le travail du DJ est de satisfaire avant tout son public, mais aussi de participer à son éducation musicale ! Et à y regarder de plus près, nombre de DJs vinyles investissent en matériel lourd et se contente de mixer sans relâche les hits du moment où la playlist de leurs artistes phares… Ce sont eux qu’on entend dire sans relâche que « le MP3 c’est de la merde » ! Mais passé la critique de la qualité du son (« le vinyle sonne mieux qu’un MP3, même compressé à 320 kb/s »), un DJ vinyle est-il aussi une merde à ne prendre aucun risque dans sa sélection ou sa technique de mix ? La révolution des nouvelles platines MP3, c’est de réduire les difficultés techniques de manière significative : la pratique du mixage prend une autre dimension. Le DJ de demain devra se démarquer de la concurrence accrue par la démocratisation du mix. Comment ? En maitrisant son style, sa playlist et son public. Les petits labels aux intentions innovantes et le dancefloor ont donc tout à y gagner !
Du point de vue de la production, la révolution est encore plus présente chez les petits labels indépendants. Grâce à Internet, ils peuvent pratiquement combattre à armes égales avec les Majors via des moyens de diffusion gratuits qui ne cessent de se multiplier (newsletter, webradio, plateformes de téléchargements gratuites, sites de ventes en ligne…). Précisons que la vente d’un MP3 génère 100% de marge vu qu’aucun support matériel n’est nécessaire. Et le piratage nous direz-vous ? Rappelons qu’à l’époque des K7 et des CD déjà, les copies étaient fréquentes : l’industrie du disque n’en a pas souffert pour autant et l’émergence de nouveaux styles lui a même été favorable (hip-hop, house, techno, dance, pop…). Concernant les producteurs, le phénomène est identique aux DJs : grâce aux nouveaux logiciels grand public tel que Reason, Cubase ou encore Logic, le travail qualitatif doit se démarquer de la concurrence pour séduire un public de plus en plus exigeant.La crise du disque est donc bien présente, mais elle affecte principalement les Majors qui voient leurs stratégies marketing et leurs produits directs et dérivés délaissés par un auditoire qui se lasse vite et n’est plus dans une conception matérialiste de la musique. La source sonore a repris son droit au profit de la pochette du disque, des collectors et des éditions spéciales. Le monopole financier des Major s’ébranle pendant que la génération MP3 accède à un plus large panel sonore, mettant fin à la logique de « celui qui a de l’argent écoute tout ce qu’il veut ». Le temps est venu de proposer des innovations et de la créativité artistique et de repenser un marché de la musique sans cesse grandissant et nébuleux. Soyez réactifs car les premiers en place seront les premiers servis.
Ps : Le vinyl se vend déjà en corbeille, des amateurs?





